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LES SORTILEGES DE LA CITE PERDUE

Les sortilèges de la cité perdue

Titre original : Thunderhead

Année de parution : 2003

Traducteur : Michel Garène


Ce livre est paru dans d'autres éditions sous le titre : Tonnerre sur la cité perdue

Résumé :

Le docteur Nora Kelly est stagiaire à l’Institut archéologique de Santa Fe. Depuis que ses parents sont morts, elle n’habite plus le ranch familial qui a été laissé à l’abandon. Un soir, en le visitant, elle découvre l’intérieur de la maison saccagé et est agressée par une étrange créature dont elle ne sait s’il s’agit d’une homme ou d’un animal. Nora découvre une enveloppe contenant une lettre de son père disparu en expédition archéologique près de 16 ans auparavant : Il lui dit avoir découvert la ville mythique de Quivira la légendaire cité de l’or, et donne même des indications pour y aller à travers des canyons dangereux.À la suite de ces révélations, Nora n’a plus qu’un désir : organiser une expédition archéologique pour mettre à jour Quivira, la cité introuvable des Indiens anasazis. Mais à Quivira, elle est attendue.

Mon opinion :

Décidément, le marché français est bien cruel avec Prestion et Child. Comment peut-on donner un titre aussi étrange à un livre, dont le titre original est Thunderhead. Cela en rebuterait plus d’un…mais à tort car ce livre est véritablement excellent ;

Comme d’habitude, il a été rédigé avec un grand savoir, une belle documentation. Nous découvrons cette fois les rites et les coutumes des anasazis, cette remarquable civilisation qui vivait dans l’ouest de l’amérique du nord. Outre les visites de sites, les techniques archéologiques sont expliquées. La géographie particulière des canyons de l’Utah et du Colorado est exploitée à merveille, créant un sentiment d’oppression chez le lecteur. Les coutumes et le mode de vie des anasazis sont expliqués, laissant la part belle à l’ésotérisme avec notamment l’intervention des porteurs de peaux qui distillent une atmosphère fantastique. Cette dernière est ramenée dans la réalité grace à l’explication d’un certain nombre de « technique de fabrication » (la poudre à cadavre) des plus intéressantes.

Le personnage de Nora Kelly est un personnage récurrent que l’on retrouve dans la saga des Pendergast. Nora rencontre Bill Smithback, personnage bien connu des fans de l’inspecteur Pendergast, puisqu’il est le journaliste chargé de raconter le déroulement de l’expédition archéologique. Dans la saga des Pendergast, il est parfois fait allusion à « ce qui s’’est passé dans l’Utah », est c’est dans ce livre , les sortilèges de la cité perdue, que tout cela est raconté. Ce livre ne s’intègre pas dans la saga pendergast, mais il est à lire en parallèle, pour comprendre certains états d’esprit et certaines allusions faites.

Le personnage brillant de Nora Kelly et accompagné d’un autre personnage féminin, celui de Sloane Goddart, non moins brillant. L’ampleur des personnages féminins mis en scène dans chacun des ouvrages des auteurs ne se dément pas : le duo est tout à fait fracassant , tant par son comportement autoritaire et courageux à souhait (nous avons affaire à une belle équipe de femmes de tête) que par ses caractéristiques physiques. Eclatantes comme le sont ailleurs Laura Hayward , Margo Green ou Constance, les auteurs rendent à nouveau un bel hommage aux dames.

Tout au long de cette histoire palpitante et tempérée (il n’y a pas là lieu à faire un rapprochement avec des indiana jones ou autre benjamin gates féminins à l’humour lourdasse en toute circonstances), racontant une expédition scientifique qui se trouve confrontée à un danger loin de l’esprit cartésien des participants et à des sentiments carriéristes bien humains, le lecteur est accroché avec l’envie de savoir ce qu’il se passera ensuite. Un très très bon livre.


Les notions abordées dans le livre : Quivira :
Les cités d'or sont un mythe qui s'est développé principalement après la découverte de l'Amérique de 1492, lorsque lesconquistadors ont exploré le Nouveau Monde à la recherche de villes regorgeant de richesses.
Les origines de ce mythe remontent au XIIe siècle mais c'est à partir de 1539 que la légende prit de l'ampleur avec le récit de Marcos de Niza, moine franciscain envoyé en exploration en Amérique du Nord et qui prétendit alors avoir découvert l'existence de sept immenses et riches cités qui ne furent jamais retrouvées. Le mythe a par la suite évolué en engendrant plusieurs autres légendes qui ont inspiré de nombreuses œuvres de fiction et durablement marqué l'imaginaire collectif (notamment en interférant avec le mythe d'Eldorado, inspiré de la mythologie et des traditions Chibchas en Amérique du sud).
Les origines du mythe remontent aux alentours de l'année 1150 lorsque les Maures conquièrent Merida en Espagne. Selon la légende, sept évêques quittent alors la ville, non seulement pour sauver leurs vies mais également pour mettre à l'abri des reliques religieuses sacrées. Des années plus tard, une rumeur circule, disant qu'en un lieu éloigné et alors inconnu les sept évêques avaient fondé les villes de Cíbola et Quivira.
Toujours selon la légende, les deux cités seraient devenues très prospères, principalement grâce à la découverte d'or et de pierres précieuses. Cette idée donna lieu à de nombreuses expéditions ayant pour but la découverte des cités mythiques au cours des siècles suivants.

Vásquez de Coronado mentionne dans ses récits une installation indigène dénommée Quivira, dont l'emplacement reste indéterminé. García López de Cárdenas partit de cet endroit pour chercher une rivière dont les Hopis de la région lui avaient parlé.
Quand García López arriva au Grand Canyon et au fleuve Colorado, le fleuve avait déjà été découvert et baptisé à son embouchure, située à plusieurs centaines de kilomètres de distance, par Francisco de Ulloa qui, en septembre 1539 dénomma le delta Ancón de San Andrés. En outre, Fernando de Alarcón avait déjà parcouru plus de 80 lieues le long du fleuve et l'avait baptisé Río de Nuestra Señora del Buen Guía en août 1540.
García López fut incapable de trouver un chemin menant des hauteurs du Grand Canyon jusqu'aux berges du fleuve Colorado en contrebas. Cependant, il est considéré comme le premier européen à avoir visité le Grand Canyon.
Il subsiste aujourd'hui au Nouveau-Mexique des traces d'une installation d'assez grande taille dénommée Gran Quivira(« Grande Quivira »). Durant la période de la colonisation espagnole, l'endroit s'appelait Pueblo de Las Humanas.
Source : wikipedia


Les porteurs de peaux :

Les sorciers navajo sont communément appelés porteurs de peaux.
Cette appellation vient du fait que les navajos portaient sur eux une peau de coyote pour espionner les ennemis, passant ainsi inaperçu. L’expression est restée ensuite pour caractériser des individus au comportement non conforme aux doctrines navajo, notamment les individus déviants ou porteurs de maladie mentale, c'est-à-dire d’indésirable, de personne transgressant les tabous ou bafouant l’ordre social, puis par extension, des sorciers. Pour devenir un sorcier, il fallait commettre un meurtre. Les sorciers navajo se rassemblent pour célébrer des cérémonies pendant lesquelles les symboles sont pervertis : les chants sont interprétés en commençant par la fin, les déplacements (danses, rondes) se font dans le sens inverse de la marche du soleil…
Certains actes commis par les sorciers sont pénalement et moralement répréhensibles (viols, inceste, meurtre). D’autres, sont culturellement répréhensibles (participer à une cérémonie inversée, uriner et déféquer sur une peinture de sable, invoquer certains esprits, etc).
Pour mener à bien leurs actions, ils utilisent les principes de « sympathetic magic » : les caractéristiques d’un élément peuvent être transférées à un autre élément lorsque les deux rentrent en contact. Par conséquent, un élément supposé pathogène (un morceau de bois touché par la foudre, un morceau decadavre) peut détruire la personne qui entre en contact avec lui. La virulence de l’attaque dépendra de la proximité avec le poison. L’ingestion de poudre à cadavre par la victime aura un effet différent du dépôt de la poudre devant sa maison. Certains sorciers vaporisaient de la poudre à cadavre directement sur le visage de leur victime endormie. (notions qui se retrouve dans le livre)
Les sorciers se déplacent la nuit (notion qui se retrouve dans le livre), prennent l’apparence de certains animaux. Ainsi qu’il l’est dit dans le livre, certains sorciers utilisent de la datura, une plante aux propriétés hallucinogènes.
Source : système de santé navajo, savoir rituel et scientifique de Nausica Zaballos


Poudre à cadavre :

Semble être un mélange proche de la poudre à zombies utilisée en haiti, à savoir un mélange d’os de cadavre réduits en poudre et de divers poisons d’origine naturelle destinés à paralyser ou infecter la victime.


Les kivas :

La kiva est, dans la plupart des cas, une pièce ronde et enterrée. Pour les Hopis, y entrer, c'est changer de temps. Sur son sol, on trouve au centre de la pièce un petit trou bouché par une pièce de bois que l'on ouvre durant les rituels. Ce trou se nomme sipaapu comme le trou de l'émergence du Grand Canyon (un conduit mythique reliant le monde des hommes au monde « d'avant »). C'est au moyen du même terme que les Hopis désignent, de façon humoristique, mais pertinente, le sexe des femmes. Ouvrir le sipaapu, c'est communiquer avec ceux du dessous, ceux qui sont morts ou qui ne sont pas nés.
Observons que la kiva est aussi un trou, cette fois dans le plafond, qui débouche donc sur le sol du village. La descente se fait par une échelle. À l'intérieur, les murs sont assimilés aux parois du monde, en même temps que les bancs représentent les maisons du village.
Les kivas servaient, et servent encore aux Pueblos (Hopi, Zuñi, Zia, Taos etc.) de chambre de cérémonie tout comme nos églises aujourd'hui mais aussi de retraite, de réunion etc. Lorsque quelqu'un dans le village tombait malade, les Anasazispratiquaient une cérémonie rituelle pour obtenir sa guérison. Ils priaient aussi pour qu'il pleuve, ou pour que la chasse et les récoltes soient bonnes.
Ces salles circulaires servaient également pour les réunions, pour stocker des marchandises ou pour tisser des toiles en coton (le climat de Mesa Verde ne permettait pas la culture du coton, ce qui indique que comme pour les poteries ou les bijoux, les Anasazis pratiquaient le troc). Très peu de kivas ont conservé leur toit, composé de poutres et d'argile. En général, les kivas avaient un très bon système d'aération. Quand on y faisait du feu, l'air frais descendait par un conduit situé dans un des murs et la fumée s'échappait par l'ouverture centrale du toit.
On trouve dans toutes les ruines Anasazis, ces curieux bâtiments qualifiés de kivas, toujours bien différenciés au plan formel : au centre et à l'est du territoire Anasazi, ils sont ronds, établis parfois en surface, d'autre fois enterrés. À l'ouest, ils sont rectangulaires. On en connaît de petits comme à Mesa Verde (quatre à cinq mètres de diamètre), mais aussi de très grands (jusqu'à 20 mètres). Tous les villages en comptaient plusieurs et parfois, comme à Pueblo Bonito jusqu'à 30.
Source : Wikipedia