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CREDO, le dernier secret

Credo

Titre original : Blasphemy

Année de parution : 2007

Traducteur : Philippe Hupp

4ème de couverture :

Au cœur de l’Arizona, en territoire navajo, est implanté un accélérateur de particules en mesure de reproduire le Big Bang et d’expliquer la création de l’univers. Mais ce projet, mené par le professeur Hazelius, scientifique de génie, a de farouches opposants. Au premier rang, un télévangeliste qui voit en ce savant l’incarnation de l’Antéchrist. La colère gronde au moment où se produisent d’étranges phénomènes, la machine s’emballe et semble devenir autonome.

Wyman Ford, ex agent de la CIA, est dépêché sur place par le gouvernement pour éviter que tout explose. Mais est – il encore temps ?

Mon opinion :

Une fois de plus, l’action principale du livre se situe en pays navajo, cher au cœur de l’auteur. L’un des thèmes principaux est la dénonciation de ces accélérateurs de particules en forme d’anneau gigantesque, susceptibles de créer de mini trou noir, et qui ne font plus partie de la science fiction, mis entre les mains de ce qu’on pourrait qualifier de savant fou, le docteur Hazelius, à la notoriété et à l’intelligence telles, qu’il est au dessus de tout soupçon. Si Douglas Preston nous apporte des éléments documentaires sur ce passionnant sujet, il en profite aussi pour dénoncer violemment une certaine Amérique : celle des créationnistes et des fondamentalistes chrétiens, des télévangélistes et de leur église, temple du clinquant et de la démesure. Il est vrai que le sujet est intéressant car assez exotique pour les européens que nous sommes. Nous sommes en mesure de voir qu’il y a des histoires de gros sous derrière tous ces prédicateurs pomponnés et théâtraux dans leur show bien réglés. Mais qu’en est il de l’Amérique profonde ? A travers des scènes d’une violence rarissime chez Douglas Preston ou même Lincoln Child, Douglas Preston montre du doigt les dérives possibles de ces gens qui se pensent investis de la parole divine.
L’action est certes présente tout au long du livre, mais on n’est pas dans un livre présentant un angoissant cliffhanger à chaque fin de chapitre comme Codex ou T-Rex . On est dans une action plutôt déroulée à travers les chapitres, sans « pic ». C’est plutôt l’effet « boule de neige » qui tient en haleine, entre la manipulation par un lobbyiste , les dérives scientifiques, le pouvoir politique préoccupé par les élections et le religieux qui devient fou. Le coté « marasme » est très bien mené dans le dernier tiers du livre, la part belle étant ménagée à la nation Navajos dont nous découvrons la façon de vivre, et qui observe tout cela.
Un livre intéressant, teinté d’une démesure bien gérée par l’auteur, assez différent des autres livres présentés ci-dessus, mais bien agréable.
A noter la présence de Wyman Ford, ex agent de la CIA, qui intervient ici en tant qu’agent infiltré. Ce personnage était apparu dans T-Rex. Dans la chronologie du personnage, T-Rex est le premier, Credo est le second à lire.

A noter aussi, pour ceux que le sujet des dérives religieuses intéresse, que le livre de James Herbert, Sanctuaire, approche le sujet sous un angle fantastique.