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CAUCHEMAR GENETIQUE

Cauchemar génétique

Titre original : Mount Dragon

Année de parution : 1996

Traducteur : Philippe Loubac-Delranc


Résumé :
Le docteur Guy Carson est flatté quand Gene Dyne, le patron de son laboratoire, l'informe qu'il a été choisi pour rejoindre le laboratoire du mont du Dragon, dans le désert de Jornada au Nouveau-Mexique.
S'il parvient à isoler le virus de la grippe, Gene Dyne pourra se vanter d'avoir sauvé des millions de vies humaines et, accessoirement, s'assurer une immense fortune.
Mais la thérapie génique n'est pas sans danger. Carson va découvrir que les manipulations de ses collègues ont entraîné la mutation du virus, devenu maintenant aussi dangereux qu'une bombe atomique.
En outre, toute l'équipe de recherche commence à devenir dangereusement paranoïaque...

Mon opinion :
Cauchemar génétique est le premier livre écrit avec Lincoln Child, hors saga Pendergast. Pour mémoire, Relic date de 1995, Cauchemar génétique de 1996 et le Grenier des enfers de 1997. Il se situe donc au tout début de l ‘œuvre des auteurs, mais laisse déjà entrevoir le futur : il ouvre le feu sur l’un des thèmes récurrents des auteurs, aussi bien de leur duo littéraire que de leurs œuvres solo : Les dérives possibles de la science et la mise en garde contre la cupidité sont des thèmes qui reviennent fréquemment.
Dans Cauchemar génétique, l’idée maitresse est que, partant d’un bon sentiment (guérir les maladies), on peut arriver à faire l’inverse, à savoir créer quelque chose d’extrêmement dangereux, la cupidité aidant.
Du point de vue de la forme, le livre ne contient pas de chapitre, mais simplement 3 grandes parties. Cette présentation originale renforce l’effet d’enchainement des actions, de déferlement, oserai-je dire. Il est tentant d’arrêter sa lecture à la fin d’un chapitre, et là, ce n’est pas possible. On est tenté d’avancer dans l’histoire, on est scotché au livre car le rythme ne s’interrompt pas.
Du point de vue du fond, la scène d’ouverture est vraiment bien, surprenante. Dans Relic, le Musée d’histoire naturelle et ses souterrains labyrinthiques était un véritable personnage du livre. Ici, c’est ce mystérieux centre de recherche, en plein désert du Nouveau Mexique, loin de tout contact, qui le devient : Les auteurs nous étouffent dans des combinaisons protectrices, nous font gérer l’oxygène via des prises d’air, nous font passer dans des sas de décontamination. Bref, on plonge dans cet univers angoissant, au gré du stress des personnages, comme nous avons plongé dans les dédales poussiéreux du muséum. Le huis clos imposé par l’isolement du centre de recherche, distant de toute habitation, au cœur du désert du Nouveau Mexique et la surveillance vidéo et informatique dont font en permanence l’objet des personnages renforcent le sentiment de claustrophobie. Le PDG génial de la société d’ingénierie génétique n’est pas sans rappeler le scientifique qui dirige le laboratoire en plein désert de Credo, d’autant plus que l’action de Credo se situe également dans le désert.
La scène épique de la fuite des héros à travers le désert doit sa qualité et son réalisme à une expérience vécue par Douglas Preston, lors de la prise de documentation pour la rédaction du livre. Il a effectivement traversé ce désert. Les photos sont visibles sur la page facebook des auteurs et il raconte cette aventure dans une interview sur leur site officiel. L’expérience fut certainement inoubliable puisque ces paysages sont le décor d’autres livres : Les sortilèges de la cité perdue, T-Rex, Credo par exemple. Un hommage aux Anazasis est également rendu à chacune de ces occasions, Douglas Preston étant issu d’une famille d’archéologue.
La scène de résolution finale m’a vraiment plu. Elle est bien imaginée, humaine, signe que l’amitié est capable de survivre à la haine.
C’est donc un très bon livre que ce Cauchemar génétique, qui prend une dimension particulière à la lumière de certains évènements de ces dernières années, où des substances insuffisamment testées ont été injectées à des gens. Les récents scandales pharmaceutiques font de ce livre écrit en 1996, non plus un livre de science fiction, mais un thriller crédible.
Ce livre peut être lu pour découvrir l’œuvre de Douglas Preston et Lincoln Child hors saga Pendergast, ainsi que l’excellent Codex et Les sortilèges de la cité perdue, livre excellent desservi par un titre français improbable. Trois livres à lire absolument.